Lycée ALAIN-FOURNIER - BOURGES
site du ministere
logo académique
Publié : 24 novembre 2016

Novembre 2016 - Retour durable de l’être aimé - La transmission artistique comme rencontre




Exposition inaugurale de LATRANSVERSALE, espace pluridisciplinaire d’exposition et de rencontre du lycée Alain-Fournier


En collaboration avec nos partenaires du Cépia (Centre d’Étude au Partenariat et à l’Intervention Artistiques), une formation de l’École nationale supérieure d’art de Bourges (Ensa Bourges), et du Master Meef Second degré Parcours Arts plastiques de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation, Éspé Centre Val de Loire – Université d’Orléans, centre de formation de Bourges.


Retour durable de l’être aimé – La transmission artistique comme rencontre


du 05 novembre au 09 décembre 2016


Emma Bourgin << Gaëlle Collet << Nina Darde << Laure Jazeix << Morgane Kabiry << David Magnou << Laura Moulié << Alexandra Riss << Lucie Soulat << Jalil Zaïm


Conception graphique Anouk Dimet


Sur une proposition d’Emmanuel Ygouf


Pour son exposition inaugurale, qui a lieu en même temps que les manifestations commémorant le cinquantième anniversaire de l’implantation du lycée Alain-Fournier au nord de Bourges, le projet curatorial de LATRANSVERSALE reposait sur une invitation adressée à deux formations axées sur l’éducation et sur la transmission artistique : le Centre d’Étude au Partenariat et à l’Intervention Artistiques, une formation de l’École nationale supérieure d’art de Bourges, et le Master Meef Second degré Parcours Arts plastiques de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation, Éspé Centre Val de Loire – Université d’Orléans, centre de formation de Bourges.


La présence et la visibilité accordée à ces jeunes artistes issus des écoles d’art, poursuivant leur formation à Bourges à l’Ensa et à l’Éspé, constitue un signe fort caractérisant ce nouveau lieu d’exposition par le soutien à la jeune création. Avec l’exposition de leur travail plastique personnel, articulé à la question de la transmission artistique, il s’agit de prolonger leur présence dans les quartiers de Bourges dans lesquels plusieurs d’entre eux sont intervenus durant leur formation, auprès de classes du Premier degré et du Second degré, favorisant ainsi le lien entre les élèves des écoles et des collèges, leurs parents, le lycée Alain-Fournier et l’ensemble du public.


L’implantation de leur travail a donc été pensée comme une forme particulière de la transmission artistique, non au sens d’un "héritage" qui serait à transmettre dans ce lieu de formation qu’est le lycée Alain-Fournier, mais plutôt comme la marque d’une singularisation et d’un éclairage sur leur travail artistique, proposé à un public déjà rencontré pour partie. L’exposition présente donc une (autre) démarche éducative basée sur l’expérience individuelle en tant que véritable rencontre, qui fasse événement et "irruption", véritable événement inaugural, pour le public scolaire comme pour le grand public, et donc potentialité formatrice immédiate.


C’est pourquoi, dans le cadre de la thématique choisie pour cette exposition, celle de la transmission artistique comme idée ou désir de rencontre entre l’œuvre et son public, le Retour durable de l’être aimé, formule propitiatoire (et naïvement vaine) qui tient autant de la magie vantée par le marabout que des messages des Fortune cookies, se voulait porteuse de l’espoir, passionné, qui motive l’éducation artistique comme création de conditions propices à une expérience subjective, à une rencontre émotionnelle avec l’œuvre.


Cette exposition, comme son titre l’indique dans sa distance énigmatique, n’a donc rien de didactique, conservant une lucidité, sans doute ironique, sur la portée réelle des effets de l’enseignement artistique, mais désignant sa transmission dans une perspective spontanéiste — introduite dans la temporalité d’une éducation dominée par le processus régulier de la construction du savoir — où l’art se révélerait dans une temporalité propre à l’événement qu’est la rencontre : le retour de l’absent, l’apparition de ce qui n’était pas encore là, mais dont la présence était espérée.


C’est donc d’un "retour heureux" qu’il s’agit dans la transmission artistique, pour dépasser le schéma mécanique de la communication, avec l’idée prégnante d’un décentrement : le déplacement de l’objet et du sujet de la transmission. Ce décentrement est à la fois spatial et dynamique (par la délocalisation ou la relocalisation d’un savoir, d’une idée, d’un sensible) et statique, provoquant une bascule d’éléments de savoirs et d’expériences. L’acte de transmission n’est donc pas limité à l’idée d’un simple dépôt : il nécessite un positionnement, une recherche de localisation, à partir de ce qui caractérise le porteur de la "mission" (pas seulement et strictement éducative), ce qui le différencie encore de la médiation.


Ces déplacements dynamiques relient des expériences qui se relancent mutuellement, se renouvellent localement, en fonction des personnes et des contextes, et dont l’existence n’est que temporaire mais répétée dans les lieux qui les accueillent et les portent.


Enfin, il ne s’aurait y avoir de transmission qui ne soit pas elle-même déjà une pratique, tout comme il ne saurait y avoir de pratique qui ne soit pas elle-même marquée par la transmission ; à propos de l’art, on ne saurait se contenter de l’illusion d’un savoir qui existerait indépendamment de son exercice : la mise en commun d’une parole singulière, l’articulation du singulier et du commun.


Différent de la communication qui centralise, condense son objet dans une émission à l’adresse des locuteurs, visant par la même l’efficacité de sa réception, la transmission nécessite une remémoration, souvent une répétition, l’espoir d’un "retour sur investissement", car transmettre, c’est aussi revenir.


Retour durable de l’être aimé envisage la transmission artistique sur un principe relationnel, expérience individuelle et subjective d’une rencontre émotionnelle. Les œuvres produites par Emma Bourgin, Gaëlle Collet, Nina Darde, Laure Jazeix, Morgane Kabiry, David Magnou, Laura Moulié, Alexandra Riss, Lucie Soulat et Jalil Zaïm composent des histoires troubles ou tragiques, matérialisent aussi bien une présence espérée qu’une absence poignante, et révèlent finalement au spectateur que les choses ont déjà eu lieu. La transmission artistique évoque ici l’idée d’un retour, sur l’objet ou sur les lieux d’un souvenir, et en appellent à des formes et images qui font ressurgir chez le spectateur, par réminiscence, l’expérience de la perte et de l’espoir.

Portfolio automatique :

Documents joints