Lycée ALAIN-FOURNIER - BOURGES
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Publié : 27 février

2017-18 - Contre performance - Alexandra Riss et Thomas Wattebled


Contre performance

Alexandra Riss et Thomas Wattebled


du 20 décembre 2017 au 02 février 2018



 

ouvert du lundi au vendredi, de 8h à 18h, sur rendez-vous
fermeture exceptionnelle du 25 décembre 2017 au 08 janvier 2018
contact.latransversale@gmail.com


Sur une proposition d’Emmanuel Ygouf
Conception par les étudiant·e·s de la CPES-CAAP
En partenariat avec Bandits-Mages


 


 


Contre performance est la première exposition d’un programme d’appariement à la Transversale d’artistes émergents n’ayant encore jamais exposés ensemble, mais dont le travail plastique offre des correspondances, échos ou oppositions fortes, pratiques parallèles que l’exposition propose de faire se rencontrer. Occasion de duos ou de "duels", les œuvres des artistes appariées sont mis en dialogue autour d’un thème commun.


 


Au-delà de "l’effet catalogue", inévitablement déceptif, d’une simple thématique de rapprochement entre art et sport (les relations entre ces deux domaines d’activités sont en effet loin d’être inédites) c’est la notion d’échec qui est ici mise en jeu dans l’exposition Contre performance à la Transversale, galerie d’exposition du lycée Alain-Fournier de Bourges. Les œuvres exposées d’Alexandra Riss et de Thomas Wattebled dépassent en effet les simples analogies formelles propres à la fascination pour une certaine esthétique sportive, ou aux détournements des équipements, agrès, tracés sportifs — qui ne sont d’ailleurs pas sans rappeler des périodes et mouvements artistiques du XXe siècle — tout deux mettant en crise la performance, faisant échouer ou tournant en ridicule, tout en en prenant le parti, l’allégeance au culte du succès.


 


C’est donc dans une tentative de revalorisation et de poétisation de l’échec, de la faute, de la chute — en tant qu’inconcevable, contradictoire avec l’univers compétitif dans lequel le sport est souvent cantonné, où la notion de performance est synonyme de dépassement, et donc de progrès — que vient se loger cette exposition. Face à la performance perpétuelle et à la pratique de l’excès, à la montée en puissance des valeurs de la concurrence comme injonction sociétale, de la conquête de la réussite sociale comme définition de l’identité des individus, au fantasme moderne d’un corps sportif optimisé, d’un corps-œuvre indéfiniment perfectible, quel regard porter sur l’échec, sur la non-performance ?


 


L’essai, le balbutiement, la contre-performance en tant qu’absence de recherche d’un dépassement systématique de ce qui précède, mais plutôt comme répétition de ce qui n’est, encore, qu’une simple tentative, est à envisager comme notre première relation au monde. C’est-à-dire comme appréhension première du monde, manière native de s’y confronter dans nos apprentissages du "tenir debout" (tout mouvement est une chute contrôlée), du "déplacement rampant", de la "marche", du "saisissement", etc. — au même titre que l’on désigne "arts premiers" les formes originelles des pratiques artistiques, les premiers apprentissages des déplacements de l’enfant sont en quelque sorte des "sports premiers" — représente un programme pour être au monde, et non seulement dans celui-ci.


 


À contrario de la commande performative, le programme (qui recoupe donc l’essai, la tentative, la démarche expérimentale, le processus, le work in progress, etc.) est un des ressorts de l’artiste : processus créatif, le programme est à la fois le projet (cheminement fait d’expérimentations, de tâtonnements, de simulations, d’imprévus, d’accidents, de réflexion) et la possibilité de la relégation de sa mise en œuvre en tant que réussite.


 


Ce contre-pied performatif qu’est l’échec programmatif se retrouve dans les formes plastiques d’Alexandra Riss et de Thomas Wattebled, alliant l’absurdité burlesque d’actions maladroites, d’images ambigües et d’objets improbables ou contre-productifs à la figure programmatique de l’artiste en vaincu.